Mon enfant fait des cauchemars ! Que dois-je faire ?

Publié le : 22/02/2019 17:19:43
Catégories : Sommeil Enfant

Mon enfant fait des cauchemars ! Que dois-je faire ?

Il est 4h30 du matin et votre enfant rentre dans votre chambre, les larmes aux yeux, voire en sanglotant et bafouillant. La raison ? Un vilain rêve mettant en scène monstres et sorcières et tout le bestiaire des cauchemars d’enfants. Impossible pour votre bout de chou de se rendormir sans se sentir rassuré par la présence de Maman ou Papa. Voici un petit guide pour bien réagir et débarrasser votre enfant de ses mauvais rêves.

Le cauchemar chez l'enfant

D’une manière générale le cauchemar pourrait se définir comme tout réveil brutal qui n’est pas une terreur nocturne. Avant l’âge de 4 ans, votre bout de chou a du mal à faire correctement la distinction entre rêve et réalité. C’est pour cela qu’il a si peur des images terrifiantes qui peuvent l’assaillir le soir venu. Bien que tout le monde en ait fait l’expérience, il est important de revenir sur quelques caractéristiques du cauchemar chez l’enfant :

Il s'agit d'un mauvais rêve qui survient occasionnellement lors de la phase de sommeil paradoxal (soit vers la fin de la nuit).

Les images du cauchemar sont parfaitement repérées par l’enfant et c’est pour cela qu’il en a si peur. Votre tout-petit est capable, s’il est assez âgé, de raconter ce qui le terrifie. Pour les plus jeunes, la parole laisse généralement la place à un geste du doigt indiquant l’emplacement du « monstre » à chasser.

Contrairement aux terreurs nocturnes, et même si votre enfant semble complètement affolé, il n’y a que très peu de manifestations physiques (transpiration, accélération du pouls). Au contraire à la sortie d’un cauchemar, les sens sont en alerte et l’enfant à pleinement conscience de son environnement. Il scrute attentivement la pièce et tente de se rassurer. Sa peur vient des images de son rêve, de sa mémoire.

L’enfant se réveille lorsque l’émotion ressentie lors de son rêve est trop forte. Il est donc pleinement réveillé lorsqu’il se met à pleurer ou crier contrairement à l’enfant hébété et confus, reconnaissant à peine ses parents après une terreur nocturne.

Puisque l’image est bien claire dans sa tête, votre enfant a besoin de vous pour se rassurer. Il a peur de se rendormir et de se retrouver de nouveau seul face à son imagination débordante. Cela peut rendre le moment du coucher difficile avec un enfant qui va constamment se relever et qui va refuser d’aller se coucher.

Un cauchemar a tendance à rester dans l’esprit de votre enfant plusieurs jours, le temps qu’il digère les images de son mauvais rêve. Le changement d’humeur en journée est aussi bien visible.

ATTENTION : Il arrive que l’enfant à la sortie d’un cauchemar trouve ses parents agités et confus. Que ce soit à cause d’une raison autre ou parce que ses derniers sont surpris de le voir dans cet état, le tout-petit a du mal à trouver le réconfort qu’il recherche. Ne sachant plus à quoi se raccrocher, il se peut qu’il se remette à pleurer encore plus fort et refuse qu’on l’approche. Cette situation peut amener à considérer l’événement comme une terreur nocturne même s’il s’agit bel et bien d’un cauchemar.

Que faire pour s'en débarasser ?

Il est important de comprendre que les cauchemars chez l'enfant sont normaux et essentiels pour son développement. En effet ils permettent à votre bout de chou de se stabiliser émotionnellement. En fonction de son développement, votre enfant peut passer par des phases avec beaucoup de mauvais rêves. Ainsi la réaction des parents face à l’événement dépend bien évidemment de l’âge de l’enfant ! Avant les deux premières années de sa vie, il est impossible de savoir quels sont les rêves et les images qui apparaissent dans le cerveau de votre tout-petit. Seules quelques mimiques du visage et quelques mouvements peuvent indiquer s’il passe ou non un bon moment. Ce n’est qu’à partir de 2 ans que votre enfant est capable de verbaliser ou de mimer ce qui lui a fait peur. Il s’agit tout d’abord de peur simple (perdre Papa/Maman par exemple) puis ses craintes s’élargissent aux domaines du symbolique avec l’arrivée des monstres et autres créatures farfelues.

Bien évidemment, peu importe son âge, le problème reste le même : votre enfant a besoin d’être rassuré. Pleinement réveillé, il demande son père ou sa mère pour le consoler. Voici quelques conseils pour l’aider à retrouver son calme en fonction de son âge :

Avant ses 2 ans : Votre bout de chou ne fait pas encore la différence entre rêve et réalité. Rien ne sert de lui expliquer qu’il s’agit d’un cauchemar ! Les images qu’il a vues sont bien réelles. Votre enfant a besoin de sentir votre présence rassurante et votre voix lui indiquant qu’il n’y a rien à craindre, que vous êtes là pour l’apaiser et le guider de nouveau vers le sommeil.

Entre 2 et 4 ans : Votre enfant commence petit à petit à comprendre que les images qu’il a dans la tête ne correspondent pas forcément à la réalité. Il est capable de nommer ce qui l’a inquiété. Pour autant il ne dispose pas encore des facultés nécessaires pour prendre du recul. Là encore le rassurer simplement est la meilleure solution. Mieux vaut encore éviter de trop rentrer dans le « jeu » du cauchemar en faisant semblant d’éteindre l’incendie ou en vérifiant que le monstre est bien parti. Chez certains enfants cela peut même avoir l’effet contraire et rendre la peur plus crédible ! Le seul remède : de la tendresse et un gros câlin !

Après 4 ans : Ça y est, cette fois-ci votre enfant fait correctement la différence entre rêve et réalité. Il peut en discuter plus calmement et apprécie de savoir que les cauchemars arrivent à tout le monde, même à vous ! Pour l’aider à combattre seul ses peurs, rien ne vaut un bon livre parlant de monstres terrifiants mais où tout finit bien. Vous pouvez aussi inventer des histoires tous les deux où votre enfant finit par se transformer en super-héros et vient à bout de cette créature pas si terrifiante que ça finalement. Attention : si le cauchemar est récurrent, que votre enfant n’arrive pas à les surmonter ou si les images sont particulièrement violentes, il est recommandé d’aller voir un psychologue. En effet ils traduisent un vrai mal-être et peuvent avoir des conséquences sur son quotidien. Trouver la raison et l’origine du mal-être est alors impératif pour aider votre enfant à dépasser ses peurs.

Si votre enfant n'arrive pas à s'endormir suite à un cauchemar, peu importe son âge, vous pouvez essayer le bruit blanc ! Remède presque miracle vous en saurez plus en lisant notre enquête : le bruit blanc et bébé !

Petite fille a peur d'un cauchemars

Le jeu pour oublier les cauchemars !

Le meilleur moyen pour se débarrasser de ses peurs est encore d’en rire. Que l’on soit enfant ou adulte, rien ne vaut un bon fou rire pour surmonter ses peurs ! Prenons par exemple un bébé de quelques mois. Celui-ci fait souvent des cauchemars depuis la reprise du travail de sa mère car il a peur de la perdre. Il découvre que maman ne peut pas être tout le temps là et ça lui fait terriblement peur. Un jeu de cache-cache, où maman disparaît puis réapparaît tout sourire peut l’aider à mieux se défaire de son vilain rêve ! Vous pouvez aussi vous amuser à créer un cadre photo rigolo ! Demandez à votre enfant de choisir la photo qu’il préfère de vous. Décorez le cadre ensemble et placez-là dans la chambre de votre loupiot. Avant de dormir regardez le cadre et dites-lui que vous êtes juste à côté et que vous veillez sur lui. Dans la même idée, une atmosphère douce et chaleureuse peut l’aider à se rassurer lorsque votre enfant se réveille à la suite d’un cauchemar. Une veilleuse peut être un achat très utile.

Pour vous aider à combattre les cauchemars voici quelques astuces :

Demandez-lui de raconter son cauchemar : La première étape, bien évidemment, est de lui demander de vous raconter calmement son cauchemar. Insistez-bien sur le fait que ce n’est qu’un rêve et qu’il n’y a rien de réel ! Si le cauchemar se répète nuit après nuit, essayez aussi de repérer, sans s’improviser psychologue, des évènements qui auraient pu déclencher ses angoisses. Une dispute avec un copain/une copine dans la journée peut rapidement se transformer en une peur panique de retourner à l’école dans un rêve !

Donnez une fin heureuse au cauchemar : Vous souvenez-vous de cette scène d’Harry Potter où les élèves faisant face à leurs pires cauchemars, doivent lancer le sortilège magique “Ridiculous” pour transformer leur vilaine bestiole en quelque chose de drôle et amusant ? Reprenez-le avec votre enfant et changez ce vilain dragon en un petit chiot crachant du feu !

Créez un objet magique anti-cauchemar : Prenez une photo de vous que votre enfant aime et demandez-lui de décorer le cadre. Quand il a fini, posez-le près de son lit et dites-lui que Maman et Papa seront toujours là pour veiller sur lui et qu’il n’a pas à avoir peur !

Attention à ne pas confondre terreurs nocturnes et cauchemars

Enfin il est important de différencier les terreurs nocturnes des cauchemars. Il est très facile de se tromper ! Dans le cas d'un cauchemar, il s'agit d'un rêve effrayant. Votre enfant s'en rappelle une fois réveillé ce qui l'amène souvent à pleurer. Enfin le retour au sommeil peut-être difficile. Une terreur nocturne est quant à elle partielle et brutale. L'enfant hurle pendant la crise mais ne s'en souvient plus une fois réveillé. Le retour au sommeil se fait à chaque fois sans difficultés. Lors d'une terreur nocturne votre bébé n'a pas besoin de vous pour se rendormir. De toute façon lors d'une crise bébé est insensible à son entourage ! Il ne vous voit pas ni ne vous entend. Il faut s'armer de patience et attendre qu'il retrouve doucement le sommeil. Cela peut prendre une 20aine de minutes.

Il est important de se rappeler que les terreurs nocturnes et les cauchemars font partie de l'apprentissage du sommeil. Tant que ces épisodes ne sont pas quotidiens il n'y a aucune raison de s'inquiéter ! Pour vous aider à bien faire la différence, voici une infographie reprenant les principales différences entre terreurs nocturnes et cauchemars :

Infographie : comment différencier les terreurs nocturnes des cauchemars

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